Crédit immobilier

Prêt immobilier sans apport en 2026 : qui décroche un financement à 110 pour cent

Mis à jour le 2 juin 2026 ·La rédaction
Dossier de demande de crédit immobilier, plan d'appartement et calculatrice posés sur un bureau
Sommaire

Emprunter sans poser un euro d’épargne sur la table reste l’exception en 2026, pas la règle. La plupart des banques continuent de réclamer un apport couvrant les frais annexes, soit en moyenne 10 pour cent du prix d’achat. Le prêt à 110 pour cent existe pourtant bel et bien, réservé à des profils précis dont le dossier rassure le prêteur.

10 %
Apport moyen réclamé par les banques
110 %
Montant d'un prêt sans apport, frais inclus
35 %
Taux d'endettement maximum HCSF
7 à 8 %
Frais de notaire à financer dans l'ancien

Le prêt à 110 pour cent, ce que la banque finance vraiment

Acheter sans apport revient à demander un prêt qui couvre davantage que le seul prix du logement. Ce financement, appelé prêt à 110 pour cent, intègre dans le capital emprunté les frais annexes : émoluments du notaire, frais de garantie et, parfois, commission d’agence. La banque avance donc la totalité de l’opération, là où un emprunteur classique règle ces frais avec son épargne. Mécaniquement, le capital à rembourser grimpe et les intérêts suivent.

La part de ces frais varie fortement selon le type de bien. Dans l’ancien, les droits de mutation alourdissent la note bien au-delà du neuf, où la fiscalité allège l’opération. Cet écart change tout pour qui vise un prêt sans apport.

Achat dans l'ancien
7 à 8 %
Frais de notaire à financer en plus du prix, soit 14 000 à 16 000 € pour un bien à 200 000 €
Achat dans le neuf
2 à 3 %
Frais réduits, soit 4 000 à 6 000 €, qui facilitent l'obtention d'un prêt à 110 %

Sur un même budget, financer un logement neuf sans apport pèse beaucoup moins lourd dans la balance qu’un bien ancien. La banque mesure ce reste à financer avant toute décision.

Les profils qui décrochent un crédit sans apport

Tous les dossiers ne se valent pas aux yeux du prêteur. Le prêt sans apport s’adresse en priorité à ceux dont la trajectoire professionnelle compense l’absence d’épargne. Un jeune actif en CDI, diplômé, avec une rémunération appelée à progresser, rassure davantage qu’un emprunteur installé mais aux finances tendues. La stabilité prime sur le patrimoine déjà constitué.

Fonctionnaire titulaireProfil très favorable
Jeune actif CDI à fort potentielProfil favorable
Investisseur, bien autofinancéProfil recevable
Salarié, revenus moyens, épargne nulleProfil incertain
Revenus irréguliers ou déjà endettéProfil refusé

L’investisseur locatif occupe une place à part. Quand les loyers attendus couvrent la mensualité, le bien s’autofinance et le risque pour la banque diminue. Le projet se défend alors sans apport, à condition de présenter un rendement crédible. Pour calibrer cette rentabilité avant de monter le dossier, appuyez-vous sur notre simulateur de rentabilité locative et chiffrez la mensualité que les loyers absorberont.

Le cadre HCSF, la barrière des 35 pour cent

Avec ou sans apport, aucune banque ne franchit les règles fixées par le Haut Conseil de stabilité financière. Ces normes, maintenues strictes en 2026, encadrent chaque crédit immobilier. Le taux d’effort ne peut dépasser 35 pour cent des revenus, assurance emprunteur comprise, et la durée du prêt plafonne à 25 ans, portée à 27 ans dans le neuf ou l’ancien avec gros travaux grâce à un différé d’amortissement.

Cette marge de flexibilité de 20 pour cent reste encadrée : au moins 70 pour cent doit aller à l’achat de la résidence principale et 30 pour cent au minimum aux primo-accédants. Un dossier sans apport consomme souvent cette dérogation, car il s’éloigne du profil standard. Mieux vaut donc présenter des revenus confortables, qui maintiennent le taux d’endettement sous le seuil malgré un capital emprunté plus élevé.

À retenir Le taux d'endettement se calcule assurance comprise. Un capital plus important sans apport gonfle la mensualité, et donc ce taux, ce qui réduit d'autant votre capacité d'emprunt sous le plafond des 35 pour cent.

Comparatif chiffré 2026 : avec apport contre sans apport

Le coût d’un crédit sans apport se mesure sur deux fronts : un capital plus lourd et, le plus souvent, un taux plus élevé. En juin 2026, les taux moyens s’établissaient autour de 3,20 pour cent sur 15 ans, 3,37 pour cent sur 20 ans et 3,48 pour cent sur 25 ans. Les meilleurs dossiers, eux, décrochaient 3,01, 3,15 et 3,25 pour cent sur ces mêmes durées. Un emprunteur sans apport se voit généralement appliquer le haut de la fourchette.

DuréeMeilleur taux 2026Taux moyen 2026Profil sans apport
15 ans3,01 %3,20 %vers 3,40 %
20 ans3,15 %3,37 %vers 3,55 %
25 ans3,25 %3,48 %vers 3,61 %

L’écart de taux n’est pas anecdotique. En mai 2026, les meilleurs dossiers obtenaient 2,91 pour cent sur 25 ans, contre 3,61 pour cent pour les profils les plus fragiles, près de 0,70 point de différence. Le tableau suivant traduit cet écart en euros sur un même projet, frais de notaire de l’ancien inclus.

ParamètreAchat avec apport 10 %Achat sans apport (110 %)
Prix du bien200 000 €200 000 €
Frais de notaire (ancien)Réglés par l’apportIntégrés au prêt
Capital emprunté200 000 €216 000 €
Taux indicatif sur 25 ans3,25 %3,55 %
Mensualité (hors assurance)environ 975 €environ 1 088 €
Coût total des intérêtsenviron 92 000 €environ 110 000 €

Sur la durée, le surcoût dépasse souvent 18 000 euros, cumul d’un capital plus élevé et d’un taux moins favorable. Cet effort se justifie quand il permet d’acheter sans attendre des années d’épargne, dans un marché où les prix progressent. Pour un projet d’investissement, comparez ce surcoût au loyer encaissé chaque mois en lisant où le rendement locatif lyonnais grimpe, quartier par quartier.

Renforcer un dossier sans apport

Compenser l’absence d’épargne se prépare. La banque scrute trois mois de relevés de compte : aucun découvert, des dépenses maîtrisées et, idéalement, une épargne régulière même modeste signalent un emprunteur fiable. Un saut de loyer cohérent, où la future mensualité reste proche du loyer actuel, rassure également. Le reste à vivre, soit ce qui demeure une fois la mensualité payée, pèse de plus en plus dans la décision.

Plusieurs leviers musclent un dossier. Le prêt à taux zéro, rétabli sur l’ensemble du territoire pour les primo-accédants, fait office d’apport sans mobiliser d’épargne. Un prêt employeur, dit Action Logement, ou un prêt familial documenté jouent le même rôle. Faire jouer la concurrence entre établissements, ou passer par un courtier, ouvre l’accès à des banques plus enclines à financer sans apport.

Avant de signer, mesurez la fiscalité de la revente, car elle détermine le gain réel d’une opération financée à crédit. Notre méthode pour anticiper l’impôt sur la revente vous évite les mauvaises surprises au moment de céder le bien.

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