Le rendement locatif brut, calculé en divisant le loyer annuel par le prix d'achat, cache l'essentiel : il ignore le crédit, la durée de détention et le prix de revente. Le TRI immobilier corrige ce défaut en actualisant chaque flux de trésorerie, de l'apport initial jusqu'à la revente finale. Ce taux unique permet de comparer un investissement locatif à une SCPI ou un contrat d'assurance-vie sur des bases identiques. Avant de calculer le tien, regarde comment il se positionne face aux autres placements : le comparatif chiffré suit juste après.
Le TRI immobilier, une mesure plus juste que le rendement locatif brut
Le TRI immobilier (taux de rendement interne) mesure le taux qui annule la valeur actualisée de tous les flux de trésorerie d'un investissement locatif : l'apport de départ, les loyers nets perçus chaque année et le prix de revente au terme. Contrairement au rendement locatif brut, il intègre le crédit, la fiscalité des revenus fonciers et la durée de détention. Deux biens au même rendement brut de 5 % peuvent afficher un TRI très différent selon qu'ils sont financés à crédit ou payés comptant, et selon que le marché local valorise ou non le bien à la revente.
TRI immobilier face aux autres placements : le comparatif chiffré
Le rendement affiché par un placement ne raconte jamais toute l'histoire. Les SCPI publient un taux de distribution qui ignore l'évolution du prix de part : en 2025, il atteint 4,91 % en moyenne, mais la performance globale annuelle, qui intègre la variation de valeur, retombe à 1,46 %. Le TRI immobilier applique la même rigueur à un investissement locatif, en tenant compte du prix de revente réel plutôt que d'un rendement affiché sur une seule année.
Un investissement locatif bien financé à crédit peut dépasser largement son rendement brut affiché grâce à l'effet de levier : l'apport reste faible face aux loyers perçus et à la plus-value potentielle, ce qui tire le TRI vers le haut sur la durée.
Calculer le TRI immobilier : méthode et exemple chiffré
Le TRI ne se résout pas par une formule directe : il s'obtient par itération, avec la fonction TRI ou VAN d'un tableur comme Excel ou Google Sheets. La méthode consiste à lister chaque flux annuel (apport négatif au départ, loyers nets positifs chaque année, prix de revente net de frais d'agence à la fin), puis à laisser le tableur chercher le taux qui ramène la somme actualisée de ces flux à zéro. Pour chiffrer le coût mensuel du financement, mieux vaut d'abord estimer la mensualité du crédit avant de construire le tableau des flux annuels.
| Année | Flux de trésorerie |
|---|---|
| 0 (achat) | -40 000 € (apport) |
| 1 à 9 | +2 400 €/an (loyers nets) |
| 10 (revente) | +2 400 € + 230 000 € net de frais |
Sur cet exemple type, un bien acheté 200 000 €, financé avec 40 000 € d'apport et 160 000 € de crédit, loué net 2 400 € par an pendant dix ans puis revendu 230 000 € net de frais d'agence, dégage un TRI de l'ordre de 6 à 7 %, nettement supérieur au taux de distribution moyen des SCPI évoqué plus haut.
La durée de détention pénalise ou récompense le TRI immobilier
Les frais d'acquisition (notaire, garantie, dossier bancaire), qui représentent en général 7 à 8 % du prix, pèsent lourd sur un TRI calculé sur une courte période. Étalés sur quinze ans plutôt que sur cinq, ces mêmes frais impactent beaucoup moins le taux annualisé, même si le prix de revente stagne. À Lyon, l'écart de prix au m² entre arrondissements peut à lui seul faire basculer le TRI d'un bien détenu longtemps, tant la plus-value potentielle varie d'un quartier à l'autre.
Erreurs qui faussent le calcul du TRI
Confondre rendement brut et TRI reste l'erreur la plus fréquente : le premier ignore le crédit et la revente, le second les intègre. Oublier les frais de notaire et d'agence dans le flux initial ou final gonfle artificiellement le taux obtenu. Même piège avec la fiscalité : les revenus fonciers imposés au barème ou au régime micro-foncier réduisent le loyer net réellement perçu, et ce chiffre net doit alimenter chaque ligne du tableau de flux, pas le loyer brut annoncé à l'achat.
Pour aller plus loin
- Vérifier la faisabilité sans apport : utile si le TRI ciblé suppose un financement à 110 % plutôt qu'un apport de 20 %.
- Reprendre le détail de la mensualité de crédit : ajuster le tableau de flux si le taux ou la durée du prêt change.


