Investir

Statut bailleur privé 2026 : comparateur des 4 régimes fiscaux

Mis à jour le 3 août 2026 ·La redaction Success Group Immo
Propriétaire bailleur privé comparant des tableaux fiscaux et des documents immobiliers sur un bureau professionnel
Sommaire

Le statut bailleur privé détermine votre régime fiscal dès le premier loyer encaissé : revenus fonciers, BIC en LMNP ou LMP, ou SCI à l'IS. Selon le statut retenu, l'imposition effective sur les mêmes recettes locatives varie du simple au double, parfois plus. Deux réformes récentes ont changé la donne : la loi de finances pour 2024 a resserré l'abattement des meublés de tourisme non classés, et selon l'article 84 de la loi de finances 2025, les amortissements déduits en LMNP sont désormais réintégrés au calcul de la plus-value lors de la cession. Un troisième point, souvent ignoré, pèse tout autant dans la balance : le statut LMP ouvre droit à une exonération de plus-value professionnelle que le LMNP n'offre jamais.

23 000 €
Seuil annuel de recettes pour basculer en LMP
30 %
Abattement micro-BIC meublés de tourisme non classés (depuis les revenus 2024)
90 000 €
Seuil de recettes LMP pour une exonération totale de plus-value (art. 151 septies)
17,2 %
Prélèvements sociaux sur les revenus fonciers

Les 4 statuts du bailleur privé

Tout propriétaire qui perçoit des loyers relève de l'un de ces quatre cadres fiscaux. Le statut s'applique de plein droit selon la nature du bien loué et le volume de recettes : aucune démarche d'option n'est nécessaire pour les deux premiers.

Location nue (revenus fonciers). Le régime par défaut. Les loyers s'ajoutent au revenu global et supportent le barème IR (0 à 45 %) plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Le micro-foncier (abattement 30 %) s'applique jusqu'à 15 000 € de recettes brutes annuelles. Au-delà, ou sur option, le régime réel permet de déduire les charges effectives : intérêts d'emprunt, travaux, assurance, taxe foncière. Pour ce régime, la déclaration 2044 pour les revenus fonciers détaille le calcul selon votre situation.

LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel). Dès que le logement respecte la liste légale d'équipement, les loyers basculent en BIC. C'est le statut le plus courant pour un investisseur qui loue un ou deux biens meublés en dehors de son activité principale. Les conditions précises du basculement location nue vers meublé sont détaillées dans notre article sur le loueur meublé non professionnel.

LMP (Loueur Meublé Professionnel). Même base BIC que le LMNP, mais avec des conséquences sociales et fiscales différentes dès que deux seuils sont franchis (voir plus bas), notamment un accès à une exonération de plus-value que le LMNP n'a jamais.

SCI à l'IS. Structure sociétaire imposée à l'impôt sur les sociétés, pensée pour l'amortissement du bien et la transmission progressive de parts, au prix d'une fiscalité de sortie plus lourde à la revente.

Comparateur des 4 régimes fiscaux : tableau complet

Comparateur des 4 régimes fiscaux : tableau complet

Avant d'entrer dans le détail de chaque statut, voici la matrice de comparaison sur les cinq critères qui pèsent le plus dans le choix : l'abattement forfaitaire disponible, le traitement des amortissements à la revente, le seuil des 23 000 € qui déclenche le LMP, la possibilité d'une exonération de plus-value, et le régime de cotisations sociales.

Critère Location nue LMNP LMP SCI à l'IS
Abattement forfaitaire 30 % (micro-foncier, jusqu'à 15 000 €) 50 % meublé longue durée, 71 % tourisme classé, 30 % tourisme non classé Mêmes taux que le LMNP (base BIC identique) Aucun (amortissement comptable du bien)
Amortissements réintégrés à la plus-value Non concerné (pas d'amortissement en foncier) Oui, depuis le 15 février 2025 (art. 84 LF 2025) Non si l'exonération art. 151 septies est acquise Oui, intégralement (règles professionnelles)
Seuil des 23 000 € Non applicable Recettes sous 23 000 € (ou inférieures aux autres revenus du foyer) Recettes supérieures à 23 000 € ET aux autres revenus du foyer Non applicable (pas de seuil BIC)
Exonération de plus-value Abattement pour durée de détention (exonération IR à 22 ans, PS à 30 ans) Aucune (règles des particuliers, amortissements réintégrés) Totale sous 90 000 € de recettes, partielle entre 90 000 et 126 000 € (art. 151 septies) Aucune (fiscalité de sortie professionnelle, sans abattement durée)
Cotisations sociales Prélèvements sociaux 17,2 % (pas de cotisations) Prélèvements sociaux 17,2 % (statut non professionnel) Cotisations sociales des indépendants (régime SSI) Aucune sur les revenus de la société : IS sur le bénéfice, puis imposition des dividendes versés

Ce tableau confirme l'arbitrage qui revient le plus souvent : le LMNP maximise l'abattement pendant la phase de location, le LMP sécurise la sortie grâce à l'exonération de plus-value, et la SCI à l'IS déplace l'avantage fiscal vers la transmission plutôt que vers la revente. Les sections suivantes détaillent chaque ligne de ce comparateur, chiffres et sources à l'appui.

Micro-BIC meublé : trois taux d’abattement selon le type de location

Le régime micro-BIC ne s'applique pas au même taux selon la nature de la location meublée. Trois cas coexistent :

Meublé longue durée (location classique). Abattement forfaitaire de 50 %, dans la limite de 77 700 € de recettes annuelles.

Meublé de tourisme classé et chambre d'hôtes. Abattement de 71 %, dans la limite de 188 700 € de recettes annuelles.

Meublé de tourisme non classé (type location courte durée sur plateforme). Abattement de 30 %, plafonné à 15 000 € de recettes annuelles.

À retenir : ce taux de 30 % pour les meublés de tourisme non classés est en vigueur depuis la loi de finances pour 2024, applicable aux recettes perçues dès 2024 et déclarées en 2025. Avant cette réforme, ces locations bénéficiaient du même abattement de 50 % que les meublés longue durée. Le durcissement vise spécifiquement les locations courte durée type Airbnb non classées, pas l'ensemble du parc meublé. Les seuils et taux d'abattement par catégorie de location meublée sont détaillés sur la page officielle Les locations meublées de impots.gouv.fr.

Le détail complet des seuils et le calcul de l'imposition réelle selon votre situation sont abordés dans notre comparatif micro-BIC et régime réel LMNP.

Comparateur chiffré : location nue vs meublée longue durée, même loyer, fiscalit

Comparateur chiffré : location nue vs meublée longue durée, même loyer, fiscalité différente

Sur un loyer identique, le choix entre location nue et meublée longue durée change directement le revenu net perçu, à recettes brutes égales. Exemple sur 12 000 € de loyers annuels, pour un foyer à la tranche marginale d'imposition de 30 % :

Élément du calcul Location nue (micro-foncier) LMNP meublé longue durée (micro-BIC)
Abattement forfaitaire 30 % 50 %
Revenu imposable 8 400 € 6 000 €
Impôt sur le revenu (TMI 30 %) 2 520 € 1 800 €
Prélèvements sociaux (17,2 %) 1 445 € 1 032 €
Revenu net annuel 8 035 € 9 168 €

Sur ce même loyer, le meublé conserve 1 133 € de plus par an, soit environ 14 % de revenu net supplémentaire à recettes brutes identiques. Vous pouvez affiner ce calcul avec votre propre loyer et vos charges réelles via notre simulateur de rendement locatif.

LMNP réel et plus-value : la réforme de février 2025 alourdit la cession

Le régime réel du LMNP autorise la déduction des amortissements du bien et du mobilier, ce qui réduit fortement, voire annule, le revenu imposable pendant la durée de location. Cet avantage restait longtemps sans contrepartie à la revente : contrairement au LMP, la plus-value de cession en LMNP ne tenait pas compte des amortissements déduits.

Ce n'est plus le cas depuis le 15 février 2025. L'article 84 de la loi de finances 2025 réintègre les amortissements pratiqués dans le calcul de la plus-value imposable lors de la revente d'un bien loué en LMNP au régime réel. Concrètement, le prix d'acquisition retenu pour le calcul de la plus-value est diminué du montant des amortissements déduits, ce qui augmente mécaniquement la plus-value taxable. Le régime des plus-values professionnelles applicable aux loueurs en meublés, dont ce mécanisme de réintégration, est détaillé par l'administration fiscale dans le BOFiP BOI-BIC-PVMV-40-10-20. Notre analyse détaillée sur comment la réforme 2025 alourdit le calcul de la plus-value LMNP chiffre l'impact selon la durée de détention.

Cette évolution ne remet pas en cause l'intérêt du régime réel pendant la phase de location, mais elle change le calcul de rentabilité globale pour un investisseur qui prévoit une revente à moyen terme plutôt qu'une détention longue.

LMP ou LMNP : quand le seuil des 23 000 € change tout

Le basculement du LMNP vers le LMP repose sur deux critères cumulatifs. Premier critère : des recettes locatives meublées annuelles supérieures à 23 000 €. Second critère : ces mêmes recettes supérieures aux autres revenus d'activité du foyer fiscal (salaires, autres BIC ou BNC, pensions). L'inscription au registre du commerce n'est plus une condition depuis que cette exigence a été supprimée : seuls ces deux seuils comptent désormais pour la qualification.

Le changement de statut a des conséquences immédiates : cotisations sociales au régime des indépendants à la place des prélèvements sociaux de 17,2 %, déficits imputables sur le revenu global sans limitation de montant, et surtout un avantage que le LMNP n'offre jamais.

L'exonération de plus-value professionnelle (article 151 septies du Code général des impôts). Après cinq ans d'activité, un loueur en meublé professionnel peut bénéficier d'une exonération de la plus-value de cession : exonération totale si les recettes meublées moyennes sont inférieures à 90 000 € par an, exonération partielle et dégressive entre 90 000 € et 126 000 € de recettes. Cet avantage n'existe pas en LMNP, où la plus-value reste calculée selon les règles des particuliers, avec la réintégration des amortissements évoquée plus haut. Pour un investisseur dont l'activité locative meublée franchit durablement les 23 000 € de recettes, le passage en LMP peut donc représenter un gain fiscal significatif à la revente, à condition de rester sous le plafond des 90 000 €.

SCI à l’IS : atout transmission, contrainte à la revente

La SCI soumise à l'impôt sur les sociétés fonctionne différemment des trois statuts précédents. Le bien est amorti comptablement, ce qui réduit fortement le bénéfice imposable de la société, taxé à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice puis à 25 % au-delà. Les associés ne sont imposés personnellement que sur les dividendes qu'ils décident de se verser, ce qui laisse une marge de pilotage fiscal.

Cette structure facilite la transmission progressive du patrimoine : les parts de SCI se donnent par fractions successives, avec les abattements applicables aux donations, y compris via une donation en nue-propriété qui réduit encore l'assiette taxable. Pour structurer ce montage, notre guide pour structurer une SCI familiale à l'IR ou à l'IS détaille les étapes de constitution.

La contrepartie se paie à la revente : la plus-value d'une SCI à l'IS se calcule selon les règles professionnelles, sans abattement pour durée de détention. Les amortissements déduits pendant la détention sont intégralement repris dans le calcul, ce qui peut rendre la fiscalité de sortie nettement plus lourde qu'en location nue ou en LMNP, particulièrement sur une détention longue.

Quel statut pour quel profil d’investisseur ?

Trois profils reviennent le plus souvent chez les bailleurs privés :

Investisseur débutant, un seul bien loué nu. Recettes sous 15 000 € par an : le micro-foncier suffit, sans démarche particulière ni comptabilité à tenir.

Investisseur avec plusieurs biens meublés, recettes entre 23 000 € et 90 000 €. Le LMNP au régime réel optimise la fiscalité courante grâce aux amortissements. Le passage en LMP mérite d'être étudié si les recettes dépassent durablement les autres revenus du foyer, pour sécuriser l'exonération de plus-value à la revente.

Patrimoine locatif conséquent, objectif de transmission. La SCI à l'IS prend tout son sens quand la priorité est de structurer la détention à plusieurs et de préparer une transmission par donations successives, plus que d'optimiser la fiscalité d'une revente à court terme.

Pour aller plus loin

Pour approfondir chaque volet abordé dans ce comparatif :

Calculer son imposition LMNP : micro-BIC vs réel

Conditions et obligations du statut LMNP

Simuler son rendement locatif net

Outil gratuit

Simulateur de rendement locatif

Calculez le rendement brut et net de votre investissement locatif à Lyon, charges déduites.